La nature nous réserve bien des surprises car les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Prenons l’exemple du lombric ou du ver de terre. Qui ne serait pas dégoûté et effrayé par cet animal ? Nombreux parmi nous le considèrent comme nuisible et indésirable, mais ce texte vous démontrera le contraire et vous apprendra à apprécier ces petits animaux grâce à ce qu’ils peuvent nous apporter, surtout si vous êtes passionnés par l’art du jardinage et de la culture.
Observons le lombric de plus près
Bien que le lombric paraisse simple et dénué d’intérêt, ce n’est pas le cas car il y a beaucoup à dire sur cet oligochète. Si on le décrit scientifiquement, son nom est Lumbricus terrestris, de l’embranchement des Annélides, de la classe des Clitellates, de l’ordre des Oligochètes et de la famille des Lumbricidés. Son corps est composé d’anneaux, en avant le prostomium en pointe, puis le péristomium où se situe la bouche et la dernière partie, le pygidium où se situe l’anus. Le ver de terre n’a pas de poumons mais respire grâce à ses téguments et il est constamment humide grâce au mucus que secrète son épiderme. Son système digestif contient une flore bactérienne, et de sa digestion ressort le tortillon. Son déplacement est aussi complexe et se fait
par les deux couches de muscles qu’il possède, la première couche longitudinale et l’autre circulaire. Il commence son mouvement par une contraction de ses muscles circulaires et une rétraction des soies qui permettra au segment antérieur d’avancer. Puis il contracte à leur tour les muscles longitudinaux et étend les soies pour tirer sur la partie arrière de son corps. Cet animal est hermaphrodite, autrement dit il possède à la fois des organes sexuels mâle et femelle, mais pour se reproduire il leur faut être deux, en tête bêche avec la sécrétion d’un mucus qui fera office de cocon qui les entoure. L’échange de sperme pourra alors se faire suivant une fécondation croisée, et le bébé lombric ressemblant déjà aux adultes pourra naître à partir des œufs abandonnés sur le sol et enveloppés dans des gaines constituées par les secrétions du clitellum en guise de protection et ce, jusqu’à leur éclosion. Une question qui nous tourmente aussi : les vers de terre se régénèrent-ils? La réponse est oui mais uniquement si la tête, le clitellum et au moins une dizaine de segments sont encore présents, dans le cas contraire c’est impossible.
Pourquoi donc devrait-on s’intéresser au lombric ?
Voici maintenant une facette de cet animal que beaucoup d’entre nous ignorent : le lombric est un ouvrier gratuit et dévoué au service du jardinier, et non seulement de ce dernier mais de nous tous qui jouissons de la nature. Il faut d’abord savoir que la terre contient une quantité considérable de lombrics, car 1 hectare de terre contient 1 à 2 millions de vers, l’équivalent d’environ une tonne. Et les vers forment les 80 % du poids total de tous les animaux de la terre, même en incluant les Hommes. Ce sont surtout son alimentation et son déplacement qui nous sont bénéfiques. Pour ce qui est de l’alimentation, c’est un animal saprophage c’est-à-dire qu’il se nourrit uniquement de végétaux qui sont morts ou en décomposition et épargne les végétaux sains. Les microbes contenus dans son tube digestif permettent d’obtenir les phytohormones qui aideront les plantes à mieux
croître, et il rejette le tortillon qui est très utile à la neutralisation et à l’enrichissement du sol. Il est aussi un purificateur naturel du sol car il se nourrit de microorganismes pouvant être nuisibles aux plantes et les transportent loin de leur position initiale. Il est capable de déplacer un nombre considérable de microorganisme si on considère le fait qu’un ver déplace en un jour l’équivalent de sa masse. Son déplacement est aussi important car c’est un petit laboureur efficace. Il creuse des galeries dans le sol, jouant un rôle dans sa biologie. Il peut arriver jusqu’à 2 mètres de profondeur du sol pour en premier lieu l’aérer, le drainer, et enfin permettre un échange entre la surface et le sous-sol, facilitant ainsi la vie des plantes en donnant de la place à ses racines et en contribuant à un meilleur apport en eau. En conséquence, les oligoéléments d’en bas peuvent monter à la surface et les éléments à l’air libre gagnent aussi la profondeur. Voilà toute l’importance de cette petite bête.
Pour que vous puissiez vérifier par vous-même tout ce qui vient d’être exposé, voici une petite expérience à faire chez vous : mettez une couche de terreau, de sable et de terre dans un aquarium jusqu’à remplir sa moitié. Mettez des feuilles mortes et environ 10 vers. Après un mois, vous verrez les résultats et vous saurez mieux apprécier et considérer ces vers de terre.

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